Guéna vaut bien une messe …

Yves Guéna est mort le 3 mars. Que ses obsèques aient respecté le rite religieux conforme à ses volontés est une chose et cela relève de la liberté de conscience que la République garantit à chaque citoyen. Selon le quotidien régional Sud-Ouest du 7 mars, « Conformément à la volonté de la famille d’Yves Guéna, disparu jeudi à 93 ans, il n’y aura pas de célébration à la cathédrale Saint-Front de Périgueux cette semaine. Ce sera samedi 2 avril à 17 heures, comme vient de l’annoncer la mairie de Périgueux« .  Ainsi donc, c’est directement la mairie qui se fait l’organisateur d’une cérémonie religieuse !

En aucun cas, la « personnalité politique » que représenterait Yves Guéna, pas plus que n’importe quel autre ne saurait justifier une quelconque transgression des lois de la République, le comble étant atteint avec le discours prononcé dans la cathédrale même par  M. Audi, maire de Périgueux.

Sous le titre « Un mois après la disparition de l’ancien maire, les Périgourdins ont communié autour de sa mémoire dans la cathédrale« , le site du quotidien régional Sud-Ouest écrivait le 2 avril :

« Plus de 500 personnes se sont retrouvées samedi en fin d’après-midi à la cathédrale Saint-Front de Périgueux pour une dernière messe à la mémoire d’Yves Guéna présidée par l’évêque Philippe Mousset, face à un grand portrait du disparu dressé devant l’autel.  Autour de son épouse Oriane Guéna et de l’un de ses fils, Frédéric, de nombreux élus de tous bords et des habitants de la ville ont échangé leurs souvenirs sur leur ancien maire gaulliste qui fut aussi un homme d’Etat et un témoin de l’histoire du XXe siècle. L’évêque a évoqué « les valeurs humaines fondamentales » qu’il défendit ainsi que tous ses combats.

 Dans un discours inspiré, l’actuel maire Antoine Audi (LR), a souligné le lien fort entre Yves Guéna et sa ville de Périgueux, l’exemple qu’il donna à ses successeurs et sa participation au rayonnement de la ville. En paraphrasant une expression chère à Yves Guéna lorsqu’il parlait de l’après de Gaulle, Antoine Audi a expliqué : « pour beaucoup de Périgourdins, votre départ a marqué le début des Temps ordinaires, la fin du temps des certitudes ». Il a rappelé tout ce qu’Yves Guéna a fait pour Périgueux tout en mythifiant son action: « nous, nous essayons de faire de la politique, et vous vous avez fait l’histoire.”
Le président du groupe Fred Zeller, Jean-Jacques Brière de l’Isle a donc écrit à M. Audi :

Association des Libre-Penseurs de Dordogne

 Groupe Fred Zeller,

 adhérent de la Fédération Nationale de la Libre-Pensée

  à

 Monsieur Audi,

 Maire de Périgueux

 

Monsieur le Maire,

le groupe Fred Zeller des Libre-Penseurs de Dordogne a été informé de votre participation en qualité de Maire de Périgueux à une cérémonie religieuse samedi 2 avril à la mémoire d’ Yves Guéna dans la cathédrale Saint-Front, en compagnie d’un évêque et que vous y prendriez la parole, ainsi que l’annonce le site de la Ville de Périgueux du 7 mars dernier.

Une copie de cette information est jointe au présent courrier.

Nous avions été heureux, lors de vos vœux de nouvel an à la population de Périgueux au théâtre de l’Odyssée, de vos affirmations déclarant que vous étiez attentif au respect de la laïcité. Aussi, nous apprenons, à notre grande surprise, que vous participez à un culte particulier, non en tant que citoyen, libre de ses superstitions et croyances, mais en tant qu’élu représentant toute la population dans sa diversité.

C’est là une reconnaissance officielle d’un culte et donc une violation flagrante de la laïcité de l’Etat républicain que vous représentez.

La loi de 1905 est, dans son article 2, d’une clarté absolue :

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte….»

Comme maire de Périgueux, vous êtes chargé de faire respecter cette disposition.

Dans l’attente de connaître votre point de vue sur cette question, veuillez recevoir, Monsieur le Maire, l’assurance de notre vigilance au maintien des valeurs républicaines et l’expression de nos salutations laïques, 

 Pour le Groupe Fred Zeller,

 Le président, J-Jacques Brière de l’Isle