Les chroniques du Groupe Fred Zeller sur RLP : de l’empire britannique au Royaume désuni

Le dossier du dernier numéro de l’Idéé libre, paru en décembre, est intitulé « de l’empire britannique au Royaume désuni ». La chronique du groupe Fred Zeller (GFZ) sur Radios Libres en Périgird (RLP), le lundi 24 janvier 2022, lui a été consacré, avec, plus particulièrement la lecture de l’article de Jean-Marc Schiappa introduisant le dossier . De la marche vers l’apogée de l’empire à la situation d’aujourd’hui, c’est un véritable « court-métrage » saisissant et dynamique qui permet au lecteur d’aborder le dossier avec la compréhension des enjeux qui résultent du mouvement historique.

Ré-écoutez la chronique du groupe Fred Zeller du lundi 24 janvier 2022

Catherine Le Fur, Fabien Jeannier & Philippe Besson, qui ont oeuvré à la constitution de ce dossier le présentent ainsi:

Le Royaume désuni

Ce numéro de l’Idée Libre paraît à un moment où le Royaume-Uni, après avoir régné durant des décennies sur le monde au temps béni de la colonisation et du capitalisme alors à son apogée, semble bien s’enfoncer chaque jour un peu plus dans un inexorable processus de dislocation, dont le long feuilleton du Brexit et l’annonce d’un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise, ne sont que les derniers soubresauts en date.

Comment en est-on arrivé là ?

Notre revue, qui n’a d’autre vocation que celle d’aider ses lecteurs à la compréhension des problèmes actuels et à venir, a voulu donner la parole à des historiens, des chercheurs en civilisation britannique, des professeurs mais aussi à des libres penseurs, à des humanistes.

Qu’ils soient ici tous remerciés pour leurs contributions.

De la longue agonie de l’Empire britannique minutieusement analysée par Jean-Marc Schiappa au discours du Wind of change, qui officialisa en février 1960 une politique de désengagement colonial ; du long cheminement de l’idée de République en Irlande depuis la fondation de la société des Irlandais Unis de Belfast à la partition du pays actée en décembre 1921 ; des incertitudes qui planent quant à une possible future indépendance de l’Ecosse aux conséquences que celle-ci pourrait avoir en matière de laïcité sur les institutions du pays ; de la montée d’un antisémitisme politique au début du XIXe siècle en Angleterre, à la guerre des Boers, ce numéro balaie des sujets aussi variés que brûlants.

Souhaitons que les différents articles qui composent ce dossier, par la diversité de leurs auteurs et la richesse de leur contenu, apportent un éclairage utile à nos lecteurs et leur donnent des clés pour comprendre la situation actuelle et les enjeux politiques outre-Manche.

Catherine Le Fur, Fabien Jeannier & Philippe Besson

Comment se procurer ce numéro de l’Idée libre ?
envoyez un mail à contact@lpdordogne.fr en indiquant vos coordonnées permettant de prendre contact avec vous. Ce numéro de est vendu 6€ + frais de port.

En voici l’enregistrement que vous pouvez ré-écouter :

https://www.fnlp.fr/librairie/10-l-idee-libre

Les chroniques du Groupe Fred Zeller sur RLP : le décret d’application relatif aux contrats d’engagement républicain

Le 31 décembre 2021 est paru au Journal officiel le décret N° 2021-1947, relatif à l’application de l’article 10-1 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000.

Rappelons que c’est l’article 12 de la loi votée le 24 août 2021 (loi « confortant le respect des principes de la République ») qui prévoit l’ajout d’un article 10-1, à la suite de l’article 10, dans la loi du 12 avril 2000 (loi relative aux « droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations »).

Ce décret pose plusieurs problèmes qui sont évoqués dans cette chronique.

La FNLP a réalisé une vidéo (disponible sur son site), qu’elle a transmise à chaque député(e), en vue de les convaincre de se prononcer en faveur de la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire de la France insoumise. En fin de chronique, vous pouvez écouter la bande son de cette vidéo.

En voici l’enregistrement que vous pouvez ré-écouter :

Les chroniques du Groupe Fred Zeller sur RLP : avec le Dr Francis Remark, responsable d’Antigone24

27 migrants, qui tentaient de rejoindre l’Angleterre depuis la France, se sont noyés dans la mer du Nord le mercredi 24 novembre.

Le Dr Francis Remark, responsable de l’association Antigone 24, a pris l’initiative d’appeler à un rassemblement devant l’arbre de la Liberté le samedi 27 novembre, en mémoire de ces migrants. Le groupe Fred Zeller (GFZ) était présent.

Dans le prolongement de cette initiative, le Dr Francis Remark a accepté de participer à l’émission du GFZ sur RLP le lundi 29 novembre.

En voici l’enregistrement que vous pouvez ré-écouter :

Les chroniques du groupe Fred Zeller sur RLP : quelques exemples de la dérive autoritaire de l’Etat (lundi 6 septembre 2021)

 

Dérive autoritaire ? quelques exemples qui justifient la question

 

Chronique du groupe Fred Zeller – 6 septembre 2021

présentateur : Jean-Louis Bagault

écouter la chronique du groupe Fred Zeller (6 septembre 2021)

 

1er exemple : la municipalité de Beauvais, avant même le vote de la loi « confortant les principes de la République », couramment désignée « loi sur les séparatismes », entend imposer un « engagement de laïcité » à la Libre Pensée et aux associations laïques.

Lire l’article complet et le communiqué de la Fédération de l’Oise de la Libre Pensée

2ème exemple : École et Université : un recours nécessaire face à la dérive autoritaire de l’État

Alors que la période est aux appels à un retour à l’ordre musclé dans les quartiers populaires, l’insécurité est toujours l’objet d’une gestion essentiellement répressive par l’État. Pour un collectif d’universitaires, face à cette « déferlante réactionnaire sur fond néo-libéral », le service public d’éducation et de recherche « a légitimité à renforcer les préventions ». À condition d’y lutter contre les méthodes managériales issues du privé et la perte de garanties d’indépendance des personnels.

Lire l’article complet sur Mediapart

3ème exemple : Cour nationale du droit d’asile : des juges dénoncent des « pressions »

Toujours sur Mediapart, un article révèlent cette information stupéfiante : « 

 » Plusieurs juges siégeant à la Cour nationale du droit d’asile affirment avoir subi des « pressions » pour modifier le sens d’un délibéré. « Il y a plein de fois où on sent qu’on n’est pas libres de décider nous-mêmes. » Des accusations inédites et inquiétantes, selon certains, à l’heure où le rôle de la juridiction pourrait être déterminant pour les Afghans en quête de protection en France. « 

Lire l’article complet sur Mediapart

Choix musical : « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » (Léo Ferré), 

Les chroniques du groupe Fred Zeller sur RLP : entretien avec Radia Bakkouch (lundi 21 juin 2021)

 

Entretien avec Radia Bakkouch,
membre fondateur de la Vigie de la Laïcité

Chronique du groupe Fred Zeller – 21 juin 2021

invitée : Radia Bakkouch

présentateur : Jean-Louis Bagault

Le groupe Fred Zeller reçoit Radia Bakkouch qui, avec 12 autres personnalités a fondé, il y a quelques semaines la Vigie de la Laïcité.

Elle explique les raisons qui ont conduit à la création de cet organisme et le rôle qu’il ambitionne de jouer.

Visitez le site de la Vigie de la Laïcité

Inscription à la lettre d’information de la Vigie (aller en bas de la page pointée par ce lien)

Choix musical : « Imagine » (John Lennon), 

Les chroniques du groupe Fred Zeller sur RLP : l’IRELP a célébré le 150ème anniversaire de la Commune de Paris ? (lundi 14 juin 2021)

 

Entretien avec Jean-Marc Schiappa,
président de l’IRELP

Chronique du groupe Fred Zeller – 14 juin 2021

présentateur : Jean-Louis Bagault

invité : Jean-Marc Schiappa

Interview en direct de Jean-Marc Schiappa, président de l’IRELP

L’IRELP a célébré le 150ème anniversaire de la Commune de Paris ; Jean-Marc Schiappa dresse un bilan.

Choix musical : « La mauvaise réputation » (Georges Brassens), 

Les chroniques du groupe Fred Zeller sur RLP : Que s’est-il passé à Périgueux pendant la Commune de Paris ? (lundi 12 avril 2021)

 

Que s’est-il passé à Périgueux pendant la Commune de Paris ? 

Chronique du groupe Fred Zeller – 12 avril 2021

présentateur : Jean-Louis Bagault

invité : Julien Bournique

Interview en direct de Julien Bournique, militant syndical

Il n’y a pas eu de « Commune » à Périgueux en 1871, mais l’écho de la Commune de Paris a déclenché une révolte des ouvriers des ateliers du Toulon quand le gouvernement versaillais a voulu récupérer des wagons blindés … écoutons Julien Bournique

Choix musical : « La semaine sanglante », adaptée par le personnel soignant de l’hôpital Robert Debré de Paris

Les chroniques du groupe Fred Zeller sur RLP : « Seule, la marche vers la dictature n’est pas confinée » (lundi 5 avril 2021)

 

« Seule, la marche vers la dictature n’est pas confinée »

Chronique du groupe Fred Zeller – 5 avril 2021

présentateur : Jean-Louis Bagault

Depuis samedi, nous vivons un nouveau confinement, pour appeler les choses par leur nom, avec toute une série de dispositions partout en France.

C’est un nouveau cours vers les restrictions des libertés. 

Seule, la marche vers la dictature n’est pas confinée

Vendredi matin, lors d’une émission sur France Inter, alors que les journalistes échangeaient sur la confiance ou la perte de confiance,  un auditeur a posé la question sur l’absence de rapport entre la lutte contre l’épidémie et les lois adoptées ou en cours d’adoption, comme la loi « sécurité globale » et le projet de loi « séparatisme » ; et il ajoutait 2 choses :

  • un conseil des ministres a été convoqué en toute urgence le 29 février 2020 pour prendre les décisions contre l’épidémie, et la 1ère décision prise est l’autorisation d’utiliser le 49-3 pour faire adopter la loi sur la retraite par points,
  • et dans le même temps, on continue de supprimer des lits dans les hôpitaux

La réponse de Chloé Morin a été encore plus intéressante :  » et ceci n’est que la « partie visible », car il y a eu depuis un an plus de 150 ordonnances prises par ce gouvernement « 

Il y a des aspects encore plus insidieux :

le recours au cabinet Mac Kinsey pour gérer la vaccination et il récidive en faisant appel à un cabinet d’expertise de BVA, spécialiste du « nudge » (concept de communication basé sur la suggestion et ayant l’objectif d’amener les destinataires à décider eux-mêmes de leurs propres restrictions) ; on n’est pas loin des messages subliminaux. C’est de la manipulation caractérisée.

Et la manipulation, c’est la caractéristique de la marche vers la dictature.

La répression est annoncée, en particulier contre les jeunes.

Dans quel état retrouverons-nous les démocraties lorsque la crise sanitaire sera considérée comme close ?

lecture d’un article paru récemment dans le N°2 des  » Cahiers de l’Observatoire social de la Libre Pensée » : « à ceux qui n’ont pas foi en la doxa … »

Choix musical : « Dis-leur que l’on s’aime, dis-leur que l’on sème »

HK – 

« Sécurité globale, de quel droit ? »

Chroniques du 8 février et du 1er mars 2021

1ère partie

2ème partie

Le film «  Sécurité globale, de quel droit ?  » a été mis à disposition des internautes sur la plate-forme Viméo il y a seulement quelques jours.

Ce film, d’une durée de 48 minutes, est un documentaire sur la loi « sécurité globale » réalisé par Stéphane et Karine Elmadjian.

Laissons la parole à la réalisatrice :

Le film donne la parole à sept juristes, spécialistes du droit pénal et des libertés publiques, qui décryptent ce texte crucial, adopté en quelques jours par l’Assemblée nationale et qui reviendra au Sénat mi mars, alors que l’état d’urgence sanitaire sera toujours en vigueur.
Les personnages expliquent le nouveau « continuum de sécurité », les dispositifs de techno-police et le projet politique qui va avec. Il rappelle aussi que, depuis des siècles et contre la logique de ce texte, la rue est à nous.
N’hésitez pas à faire circuler, l’objectif est d’informer le (grand) public sur un texte qui nous semble – parmi d’autres – très inquiétant.
le film est libre de droit, publié sous licence libre créative common. On espère qu’il vous plaira.

Les auteurs du film ont créé une page web depuis laquelle il est possible de le visualiser librement

Le groupe Fred Zeller accueille aujourd’hui Natahlie Poilvert pour un entretien autour de ce film, dans le cadre de la chronique des Libre Penseurs de Dordogne sur RLP (102.3). Seules les deux premiers thèmes du film sont abordés aujourd’hui : « La construction d’une nouvelle doctrine sécuritaire » et « le continuum de sécurité« . L’intérêt du film est tel que le groupe Fred Zeller décide d’y consacrer plusieurs chroniques. Une Deuxième partie sera l’objet de la chronique du 22 février.

Le choix musical : « Danser encore » par HK

Paroles :

Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d’accords
oh, non non non non non non
Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d’accords X2

Nous sommes des oiseaux de passage
Jamais dociles ni vraiment sages
Nous ne faisons pas allégeance
À l’aube en toutes circonstances
Nous venons briser le silence
Et quand le soir à la télé
monsieur le bon roi a parlé
venu annoncer la sentence
nous faisons preuve d’irrévérence
mais toujours avec élégance

REFRAIN X2

Auto métro boulot conso,
auto attestation consigne
absurdité sur ordonnance
et malheur à celui qui pense,
et malheur à celui qui danse
chaque mesure autoritaire
chaque relent sécuritaire
voit s’envoler notre confiance
il font preuve de tant d’insistance
pour confiner notre conscience

REFRAIN X2

Ne soyons pas impressionnable
Par tous ces gens déraisonnables
Vendeur de peur en abondance
Sachons les tenir à distance
Angoissant jusqu’à l’indécence
pour notre santé mentale
sociale et environnemental
nos sourires notre intelligence
ne soyons pas sans résistance
des instruments de leur démence

Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d’accords
encore encore encore …
HK

Cliquez sur les modules ci-dessous pour ré-écouter l’entretien.

1ère partie

2ème partie

Les chroniques du groupe Fred Zeller sur RLP : « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître … » (lundi 20 février 2021)

 

« Je vous parle d’un temps
que les moins de 20 ans …
 »

Chronique du groupe Fred Zeller – 20 février 2021

présentateur : Jean-Louis Bagault

Le maccarthysme

Je vais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître …

Etats-Unis, 1950

président des Etats-Unis : Harry Truman, président depuis 1945

Nous sommes dans cette période qui s’étale de la fin de la guerre jusqu’à la chute du mur de Berlin, période connue sous le nom de « guerre froide »

Nous sommes plus précisément le 9 février 1950, et nous sommes à Wheeling (Virginie occidentale) : à l’occasion d’une conférence tenue dans cette localité à l’initiative d’un club de femmes républicaines, un obscur sénateur du Wisconsin tient un discours dénonçant « une infiltration d’agents communistes dans le pouvoir fédéral« , et il précise « Je ne vais pas perdre mon temps à nommer tous ceux qui, au Département d’État, sont membres du parti communiste ou appartiennent à un réseau d’espionnage. J’ai entre mes mains une liste de deux cent cinq noms, qui a été portée à la connaissance du secrétaire d’État. Et pourtant, ils travaillent encore au Département d’État ; ils élaborent encore sa ligne politique. » Ce sénateur du Wisconsin s’appelait Joseph McCarthy. Cet événement est généralement considéré comme le point de départ du maccarthysme. Nous verrons ce qu’il en est.

Les choses vont vite : dans les mois qui suivent, on assiste à un déchainement de violence verbale, au déploiement d’une chasse aux sorcières n’importe quel citoyen peut être arrêté sur simple dénonciation ; bientôt, cette hystérie ne concerne plus seulement les communistes supposés, mais tous ceux qui dérogent à la bienpensance : homosexuels, drogués ; c’est le règne de la délation.

Les victimes ? des artistes, des écrivains mis sur des « listes noires » et, parmi eux, des célébrités : Charlie Chaplin, Jules Dassin, Orson Welles, Marlène Dietrich, Berthold Brecht, Arthur Miller, et Dalton Trumbo, auteur du scénario du film « Spartacus » dont l’acteur principal est Kirk Douglas, qui en est aussi le réalisateur. Ceci n’est pas un mince détail : Kirk Douglas est un résistant authentique au maccarthysme ; il prend ses responsabilités en devenant le réalisteur d’un film dont le sujet est hautement symbolique : dans la Rome antique, le héros, un gladiateur prend la tête d’une révolte d’esclaves. C’est de manière délibérée que Kirk Douglas choisit son scénariste, Dalton Trumbo, qui figure sur une liste noire. Voici ce que dit Kirk Douglas : « A l’époque du maccarthysme, je vivais dans un monde… la plupart d’entre vous n’étiez même pas nés.Vous ne pouvez pas imaginer combien ces années étaient dures, quand il y avait la ‘liste noire’. Personne ne voulait employer les gens qui étaient sur cette liste.« . Spartacus date de 1960 et, si, officiellement, le maccarthysme a pris fin en 1954, ses effets délétères se prolongent des années durant. Dalton Trumbo, placé sur liste noire, avait du utiliser des noms d’emprunt pour continuer à écrire des scénarios, en réussissant la prouesse d’obtenir un Oscar, dans ces conditions de clandestinité ; et c’est Kirk Douglas qui le réhabilite en inscrivant au générique de Spartacus le vrai nom du scénariste, 6 années après la fin officielle du maccarthysme … Et ce film n’en aura pas fini avec les difficultés puisqu’une scène sera censurée sur injonction des gardiens de la bonne morale …

Mais une question se pose : comment un discours prononcé dans une localité qui compte à l’époque environ 60000 habitants (digression : moins de 30000 aujourd’hui), par un sénateur quasi inconnu, peut-il déclencher un tel déferlement de violence et de répression, une véritable inquisition ? Les choses sont plus complexes, et peut-être moins « datées ».

Il y a eu 26000 enquêtes approfondies sur des employés de l’administration fédérale, mais celles-ci ont commencé en 1947, et donc 3 à 4 années avant le discours haineux de McCarthy … Ces enquêtes ont eu des conséquences terribles : 7000 démissions, 739 révocations au motif d’appartenance à des organisations dites subversives, d’immoralité sexuelle, de pratique homosexuelle ou de consommation de drogues. Et c’est même dès 1938 que sont constituées des commissions parlementaires de nature inquisitoriale, comme la HUAC (House Un-American Activities Committee) (= commission parlementaire sur les activités anti-américaines).

Je pense qu’on pourrait même remonter plus loin encore ; je m’explique : un homme a joué un rôle considérable dans cette « terreur maccarthyste », sans lui, il est même possible que le maccarthysme ne se serait pas développé, ou de manière beaucoup plus limitée. Cet homme, c’est Edgar Hoover, directeur du « bureau des investigations » depuis 1924. En 1935, il crée le FBI. Il en sera en quelque sorte, le « directeur à vie » pendant 48 années, jusqu’en 1972, date de sa mort. De 1924 à 1972, il aura vu passer 8 présidents : Coolidge, Hoover (homonyme), Roosevelt, Truman, Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon.

Après la guerre, Edgar Hoover est l’un des hommes les plus puissants des Etats-Unis. C’est un maniaque du fichage et il n’a que faire des droits civiques. Il se focalise dans la lutte contre les communistes ou supposés tels. Il organise la constitution de fichiers (utilisant les systèmes de cartes perforées d’IBM) contenant des dizaines de milliers de noms (journalistes, écrivains, syndicalistes, professeurs, etc …) ; en novembre 1945, il envoie à la Maison Blanche une liste de 12 noms de hauts fonctionnaires qui auraient fourni des rensignements à l’URSS. C’est en fait à ce moment-là que se structure la campagne anti-communiste, accompagnée par une propagande hystérique. Dès 1947, Truman décide de soumettre à un « test de loyalisme » tout nouveau fonctionnaire ; tout « cas suspect devait passer devant une commission dont Hoover obtiendra le contrôle quelques mois plus tard, grâce à l’aide d’un certain … Richard Nixon qui, dans les années du maccarthysme officiel se révélera d’une particulière efficacité …

Ce qui apparait donc clairement, c’est que le maccarthysme ne relève pas d’une génération spontanée ; il est le fruit de plusieurs années de propagande gouvernementale, de reculs des droits civiques, de culpabilisation de toute idée dérangeante, de mise en condition de l’opinion ….

Que nous enseigne cette période de l’histoire des Etats-Unis ?

que tout recul des doits civiques, on dirait, ici, des libertés contient en germe le pire scénario

Vous avez remarqué ?

Dès 1947, Truman décide de soumettre à un « test de loyalisme » tout nouveau fonctionnaire ; mais, s’agit-il vraiment d’autre chose si un contrat d’engagement républicain était exigé des associations qui demandent des subventions ou un agrément ?

S’agit-il d’autre chose lorsque la ministre de l’enseignement supérieur décide d’une enquête dans les universités sur la place de l’islamo-gauchisme ?

aujourd’hui, les universitaires ; demain, à qui le tour ? les journalistes ? les fonctionnaires ? les responsables d’associations refusant de se plier aux « contrats d’engagement républicain » ?

le maccarthysme est caractérisé par la justification de la sécurité nationale ; ça ne vous rappelle rien ?

loi sécurité globale, loi séparatisme, décrets du 2 décembre, au sujet desquels je rappelle qu’une pétition en exigeant l’abrogation est signée par des centaines de syndicalistes.

Revenons de quelques semaines en arrière : fin octobre, début novembre ==>Les Maccarthystes d’aujourd’hui n’ont pas les moyens de ceux d’hier !

on nous dit 100 universitaires sont demandeurs d’enquêtes sur l’islamo-gauchisme, mais de grands noms du 7e Art ont participé avec frénésie à la campagne maccarthyste, dont notamment Cecil.B. De Mille, Elia Kazan, Ginger Rogers ou Gary Cooper ; en quoi cela justifierait-il le maccarthysme ? qui aujourd’hui oserait justifier le maccarthysme par ces soutiens, proviendraient-ils de noms prestigieux ?

En 2019 ; le congrès de la Libre Pensée avait déjà traité de ce sujet et l’avait formalisé dans une résolution  » Sommes-nous libres ?  » 

On pourrait remonter encore plus loin pour mettre en évidence comment se créée une situation qui n’est plus la démocratie.

Il y a eu la loi sur le port de la burqua, avec dans le prolongement, les intimidations relatives au port du voile par les mères accompagnant des sorties scolaires, les épisodes sur le burkini, le voile à l’université (tiens, déjà les universitaires dans la cible …) etc , alors, il faudrait une police vestimentaire, ? Jusqu’aux derniers textes adoptés , en projet (lois sécurité et loi séparatisme, jusqu’aux initiatives comme celle de la ministre ; il y a une constante : ce sont les musulmans qui sont visés, désignés, et au bout du compte, c’est la police de la pensée

J’entendais ce matin, sur Francve Inter l’émission avec le professeur Blanchard ; que dit-il ?

 » L’enquête sur l’islamo-gauchisme : une enquête, ce sont les premiers pas vers le maccarthysme. La mécanique vise à désigner ceux qui auraient encore le droit de travailler « 

Je viens de vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne voudraient pas connaître


Choix musical : Pete Seeger – Where Have All The Flowers Gone (1955)

quelques mots au sujet de Pete Seeger :

Ce chanteur américain, né en 1919 et mort en 2014 est le pionnier du folk aux Etats-Unis, et sera l’icone des Joan Baez, Bob Dylan, Peter, Paul and MAry et de bien d’autres.

Mais Pete Seeger est aussi un combattant de la justice sociale. Dans les anné »es 50, il est membre du parti communiste américain, et subira la répression maccarthyste.

Il est l’auteur de la chanson que nous allons écouter, immensément connue de eux de ma génération, mais que les plus jeunes sauront apprécier, je l’espère.

Pete Seeger – Where Have All The Flowers Gone